Reprises d’images archivées tirées de revues de photographies des années 60 et 70, les peintures de Philippe Brunet s’entendent, non seulement comme lieu d’une réflexion sur l’appropriation par la re-présentation, mais surtout sur les limites de la réception actuelle de ces images historiques, aujourd’hui coupées de leur contexte original. De ces photographies mettant en scène un quotidien de l’époque, l’artiste morcèle l’image pour ne retenir que les personnages toujours anonymes et inconnus, détournant et masquant ainsi, à la fois l’origine des images choisies et la fonction première de ces individus : toutes possibilités de reconstitution de la scène étant alors impossibles.
Déplacées d’un espace photographique connu vers l’espace incertain et indéfini du tableau, les silhouettes fantomatiques figées dans le plâtre s’inscrivent parmi un réseau de motifs-symboles, ceux-ci agissant comme trace de sa production : c’est par superposition de plans et accumulation de strates de couleurs que Philippe Brunet masque et « découpe » certaines parties du tableau au cours de son élaboration, ne laissant paraître que des fragments et résidus de chacune des couches appliquées. Entre figuration et abstraction, mouvement et fixité, accumulation et découpe, ces espaces ambiguës témoignent d’un retour constant des résidus et fantômes de l’histoire. Présentées dans un contexte pictural qui dénaturalise et bloque toutes références à l’événement premier, ces figures de revenants se renouvellent comme motifs et participent d’un nouveau dénouement pictural.
Biographie
Philippe Brunet a complété un baccalauréat en art visuel à l’Université Concordia en 2007. Ses œuvres ont été présentées à la VAV Gallery (Montréal) lors de la Fifth Annual Graduating Students’ Exposition et à la Galerie Art Mûr (Montréal) dans le cadre du festival Art Matters. Il vit et travaille à Montréal.
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