Manuel Mathieu

The Birth of Nature

30 août au 21 septembre 2013
Vernissage: jeudi 29 août 2013 à 18 h
Rencontre avec l’artiste: jeudi 19 septembre à 18 h

Manuel Mathieu, Sans titre, Acrylic and Oil sticks, 2012. Photo : Guy L’Heureux

Manuel Mathieu, Sans titre, Acrylic and Oil sticks, 2012. Photo : Guy L’Heureux

Dans l’exposition The Birth of Nature, Manuel Mathieu présente une série de peintures et de dessins qui oscillent entre abstraction et figuration. La facture de l’artiste dont l’esthétique suggère l’expression de l’individualité s’inscrit dans une relecture de celle des oeuvres de Willem de Kooning.

Chez de Kooning, le soi et ses fantasmes, celui de la femme décontextualisée, malléable et contrôlable, deviennent sujets de la toile et sont transposés au coeur du discours. À une époque où le discours féministe remet en question les structures de pouvoir en place, de Kooning affirme l’autorité de l’homme blanc occidental en dématérialisant la femme et en la repositionnant comme fantasme. ­­

Chez Manuel Mathieu, le fantasme n’est plus celui de la femme, mais celui de la nature humaine. Les œuvres présentent des figures humaines en transformation. Elles perdent les limites de leur identité physique. Imbriqués dans des univers « sauvages » ou « naturels », ces personnages rappellent l’animal. Par ce jeu d’association, les œuvres nous invitent à interroger notre conceptualisation et notre rapport à la nature. Qu’est-ce que la nature humaine? Existe-t-il un animal en nous? Si tel est le cas, est-il possible de se positionner en dehors de ladite « nature »? Les réalisations et catastrophes humaines appartiennent-elles à un ordre naturel et inévitable?

Si les actions de l’homme étaient naturelles, la possibilité de contrôler ces actions et de les réparer relève-t-elle d’un fantasme?

Contrairement à de Kooning, Manuel Mathieu ne se positionne pas comme figure d’autorité. Embrassant un espace théorique post moderniste, où les figures ont droit à un contexte, les œuvres ne cherchent pas à remettre de l’avant un discours ébranlé et à récupérer un pouvoir menacé.

Manuel Mathieu emprunte une stratégie esthétique pour interroger les préoccupations qui aujourd’hui proposent une redéfinition de la structure du système de pensée qui construit notre façon d’appréhender le monde.

Une monographie intitulée Abyss/Abysse publiée en 2012 présentant les quatre dernières années de production picturale de l’artiste sera disponible à la galerie pendant la durée de l’exposition.

Manuel Mathieu a obtenu un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’UQAM (Université du Québec à Montréal) en décembre 2010. Il commencera sa maîtrise à Goldsmiths University of London en septembre 2013. Son travail a été exposé en Haïti, à Montréal, aux États-Unis, en France et dans plusieurs foires internationales. En 2012, il a présenté l’exposition Prémices/Open ended au MAI, et a publié Abysse/Abyss,sa première monographie. Son travail a également été présenté au Musée des Amériques à Washington et sera exposé au Musée de la Civilisation à Québec en novembre 2013. Manuel Mathieu est né à Port-au-Prince, il vit et travaille à Montréal.