Myriam Tapp

MÉMOIRE D’UNE VILLE

20 avril au 11 mai 2013
Vernissage : samedi 20 avril à 15 h

Mémoire  d’une ville interroge la transformation de notre environnement et la temporalité de cette transformation dont les différentes strates ne sont plus toujours visibles. Myriam Tapp s’inspire du paysage que l’on voit, et de celui qui a été et qui n’est plus. La maison, objet récurrent de son travail, est le point focal autour duquel l’artiste crée des sculptures-vidéos, véritables écosystèmes dans lesquels l’objet architectural statique se confronte aux images animées.

Les maisons que Myriam Tapp crée sont minces, fragiles, translucides, vides et presque abandonnées, improbables. L’artiste les compare à des carapaces de crabe ermite : elles sont délicates et creuses. Elles semblent avoir l’intention de contenir ou de raconter ce qu’elles auraient déjà contenu. « La coquille vide, comme le nid vide, appelle des rêveries de refuge.” (Gaston Bachelard[1])

Cette mise en tension de la fragilité de l’objet maison dans la sculpture interroge le rapport de l’architecture au temps. L’architecture est dans le paysage un marqueur du temps, un patrimoine qui inscrit le territoire dans l’histoire. Mais les maisons de Myriam Tapp semblent échapper à toutes traces du temps. Uniformes, comme poreuses, elles invitent à la projection d’une autre histoire, individuelle, voire théâtrale. Les images qui défilent sur les surfaces sculptées créent des paysages surréalistes où des ombres s’étirent jusqu’à sortir du cadre, pour entrer dans le temps du récit. Les sculptures se font décor, les maisons-écrans se font les protagonistes d’une histoire ou d’un songe qui se narre avec leur spectateur.

Diplômée en art de l’université Concordia de Montréal et de l’Université du Nouveau Mexique, Myriam Tapp manie aussi bien la céramique que les nouveaux médias pour nourrir sa démarche artistique autour de la Mémoire d’une ville. En résidence à Medellin (Colombie) à la Fondation Campos de Gutiérrez en mars 2013, Myriam Tapp a exploré les archives et le passé colonial de la ville. Les sculptures qui en résultent ont été présentées dans l’exposition collective « Para Lola » sur le site de la Fondation et au théâtre Pablo Tobón Uribe de Medellin.


[1] Gaston BACHELARD. In La Poétique de l’espace, 1989. Chapitre V.